Suisse Moi – Balut à Leyte pour Anastasia

Anastasia sort de l’ombre !

Leyte, une grande île dans la région de Visayas de l’Est n’est pas une destination touristique, mais elle nous attire à cause des requins-baleines qui vivent dans la baie de Sogod. Le mois de décembre est la saison parfaite pour les voir, et nous prenons un ferry depuis Surigao pour le port de Liloan. Trois heures de navigation au coucher de soleil, et nous voilà arrivons dans ce petit port.

Le centre de recherche des requins-baleines est situé dans la ville de Pintuyan au sud de Leyte. Un tour en pirogue y est organisé pour nous, accompagné par un guide et quatre spotters. Ce sont les gens qui s’occupent de chercher les requins, allongés sur leurs bateaux la tête dans l’eau pour mieux voir ces poissons gigantesques. Malgré tous leurs efforts, nous tournons en rond pendant trois heures et sommes obligés de rentrer au bord sans avoir aperçu un seul requin. Nous y retournons le lendemain, mais de nouveau, aucun résultat. Les scientifiques eux-mêmes ne connaissent pas la raison de cette étrange absence. Les pluies et les tempêtes sont fréquentes durant toute la semaine, ce peut-être cela qui les fait se cacher au large.

Ensuite, nous nous dirigeons à l’est de l’île à la plage Tahusan. Là, de nouveau, nous avons pas de chance, il pleut des cordes tous les jours, et la plus belle plage de Leyte est couverte d’algues et de déchets à cause des tempêtes. Nous apprenons que toutes ces intempéries sont dues au typhon qui arrive vers les Philippines. Nous nous précipitons de quitter l’île pour Bohol, notre prochaine destination avant que la navigation soit interdite.

En arrivant à Bato, un village-port d’où partent les seuls ferrys pour Bohol, nous nous rendons compte que c’est déjà trop tard. L’accès à la mer est arrêté à cause de l’alerte au typhon. Nous restons bloqués au port pour une durée indéterminée.

C’est là où nous célébrons Noël. Les Philippines sont la plus grande nation catholique, et il ne manque pas de soirées à l’occasion de la fête même dans la petite ville de Bato. Nous nous incrustons dans une fête de l’équipage d’un bateau. Ils s’échauffent avec les chants en karaoké, et je peux y réaliser mon défi préféré, de chanter en tagalog, la langue locale des Philippines. Je laisse les marins choisir une chanson pour moi, et c’est un véritable succès! Bien sûr, je ne comprends pas un mot de ce que je chante, mais l’ambiance est bonne, et les gens sont contents de chanter avec moi.

Je profite de la fête de Noël pour goûter un plat traditionnel, balut. C’est un œuf de canard cuit avec un fœtus à moitié développé dedans. On le mange chaud avec du vinaigre et du sel, et ce sont des grands œufs! Le premier morceau passe encore, ça ressemble à un œuf de poulet dont on a l’habitude. Mais je n’arrive pas à avaler un morceau plus grand qui ressemble déjà plus à un poussin, et le défi est aussi échoué.

Il nous reste plus qu’attendre la fin du typhon pour reprendre notre route pour Bohol.

Suisse Moi – Siargao Island Life

Siargao est une île située le plus à l’est des Philippines. Elle n’est pas très grande, mais propose beaucoup de choses à découvrir: les mangroves de Del Carmen, les cascades Tactac, les splendides rizières, les îlots pittoresques et les lagons, mais en vérité, la plupart des gens viennent ici pour le surf.

Le surf est le roi régnant sur la côte est de Siargao, les vagues sont ses muses, la houle est sa première-ministre. La vie est organisée autour des marrées basses et hautes. Le petit village General Luna se développe avec une grande vitesse en espérant pouvoir accueillir les surfeurs du monde entier dont le nombre s’accroit chaque année. Les restaurants et les resorts pullulent autour de la fameuse vague Cloud 9, connue pour les concours de surf organisés ici par la marque Quicksilver. Pour observer cette vague puissante et les surfeurs bravant son tube, des tribunes sur pilotis sont construites, et elles ne sont jamais désertes quand la vague fonctionne.

Juste à coté, il y a une vague Jumping Horse, un peu plus loin une autre, Rock Island, les spots de surf n’y manquent pas. De notre part, nous allons vers l’île Daku pour essayer les vagues là-bas. Une grosse tempête nous accompagne pendant le court trajet en bateau, et nous sommes même obligés de faire une halte sur un îlot pour attendre la fin des averses. Heureusement, les pluies aux Philippines ne durent pas très longtemps, et nous pouvons bien profiter de petites vagues.

Bien motivés par les sports aquatiques, nous voulons apprendre à faire du kite-surf. Après l’île de Boracay, Siargao propose les meilleures conditions aux Philippines pour pratiquer ce sport, et le mois de décembre est la meilleure période. Mais cette année le vent n’est pas encore au rendez-vous, et nous devons patienter quelques jours avant de commencer l’initiation de neuf heures.

Pour nous reposer de ces journées de sports extrêmes, nous prenons un scooter et partons de l’autre côté de Siargao pour visiter les mangroves de Del Carmen une réserve naturelle abritant plein de crocodiles. Nous n’en voyons malheureusement pas un seul, mais nous faisons un petit voyage aux milieu d’un village des pêcheurs avec ces magnifiques maisons sur pilotis.

Pendant ce petit road-trip nous voyons la vraie vie de Siargao, loin du surf et des resorts. Nous rencontrons une famille de paysans nous faisant découvrir leurs champs et qui nous propose un tour en buffle, des travailleurs de la rizière, des locaux qui font une bataille d’araignées.. Tout le monde sur la route nous salue et se prend en photo avec nous.

Le combat de coqs est une activité bien encrée dans la culture Philippine. Les locaux se réunissent dans une arène tous les dimanches et misent sur des coqs de grosses sommes d’argent. Derrière est tout un business de vente et d’entrainement des coqs, et nous laissons vite tomber l’idée d’y participer. Par contre il est vraiment impressionnant de voir l’ambiance qui règne dans les tribunes.

Suisse Moi – Rencontres à Manille

Les voyageurs arrivant aux Philippines se retrouvent dans un premier temps dans une ruche gigantesque pleine d’arômes et de bruits très intensifs. C’est Manille, la capitale des Philippines, une mégapole désorganisée et hyperactive. Elle consiste en plusieurs quartiers: Makati avec ses gratte-ciels imposants, Ermita avec ses innombrables boîtes de nuit, Paysa, un énorme hub de transport – ce sont tous les mini-villes à l’intérieur de Metro-Manille. Notre préférée – c’est Intramuros, la vielle-ville fondée par les colons espagnols. Ce quartier calme avec l’architecture pleine de couleurs et de décors et avec ses ruelles bien alignées ne paraît pas appartenir à Manille. Il vit hors du temps, les murs de forteresse protégeant ses habitants d’éternels klaxons, et seuls les petits coins de karaoké organisés ça et là, nous rappellent que nous sommes toujours en XXI siècle.

Nous quittons assez vite Manille pour rencontrer Pastor Noêl (lien) dans la ville de Lucena. Pastor s’occupe de l’entretien des parois d’escalade dans cette région montagneuse, et il s’est proposé de nous en faire découvrir quelques uns. La météo est capricieuse, mais nous arrivons à faire deux-trois ascensions, dont une à voie multiple, Veronica’s Arrêts. Les paysages y sont beaux, et les gens très chaleureux, n’étant pas très souvent visités par les touristes. Nous découvrons également une petite ville d’Atimonan en se baladant dans ses ruelles étroites et à son marché de poissons.

Grâce à des pluies abondantes qui y sont tombées dernièrement, les rivières sont remplies d’eau et offrent de magnifiques cascades rafraichissantes dans la forêt de Batankay. Après une marche d’une heure et demie, nous découvrons ces majestueux torrents et passons un moment très agréable à les contempler et à nous baigner dedans.

Après nos voyages au Vanuatu, en Nouvelle Calédonie et en Polynésie Française, nous sommes habitués à la vie des îles. Il est temps pour nous de la retrouver aux Philippines également, et nous prenons la route pour Siargao.